13 Reasons Why – Saison 2

« Why ? »

Créé par Brian Yorkey
Avec Dany Minnette, Katherine Langford, Alisha Boe, Brandon Flynn, Justin Prentice, Kate Walsh…
USA – Drame
Saison 2 (13 épisodes) diffusée le 18 mai 2018
Durée par épisode : 49–71 minutes

Kezako ?

Clay Jensen découvre sous son porche au retour du lycée une mystérieuse boîte à son nom. À l’intérieur, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est tragiquement suicidée deux semaines auparavant. Les enregistrements révèlent les treize raisons qui ont poussé la jeune fille mettre fin à ses jours.
Cinq mois après la mort d’Hannah, le procès contre le lycée s’ouvre et Clay trouve une photo troublante dans son casier…

La critique d’Eugénie – 3/5

Depuis le début des années 2010, les séries télévisuelles ont amorcé une vraie évolution. Sorte d’upgrade qualitatif, les producteurs semblent avoir enfin compris qu’il vaut mieux savoir s’arrêter à temps plutôt que d’user un concept sur une infinité de saison (ce qu’à l’inverse le cinéma tend à généraliser, Star Wars c’est de toi que je parle !).
Succès 2017 de Netflix, adapté du roman de Jay Asher, « 13 Reasons Why » n’existait qu’à travers une structure narrative définie et une histoire finie qui faisaient tout son charme. Personne ne s’attendait donc, même compte tenu de sa popularité, à y voir allouer une seconde saison.

Celle-ci reprend cinq mois plus tard avec le procès contre l’école en fil rouge et les voix des témoins en off. Si l’idée est bonne, elle sert trop souvent d’excuse à du remplissage scénaristique via des scènes de flachbacks incohérentes (pour la plupart). On s’attarde sur les mêmes personnages, la même histoire même si les points de vue diffèrent, les mêmes thématiques avec en définitive la sensation de faire du sur-place, renforcée par une mauvaise gestion du rythme. Fini le suspens des 13 raisons, il faut attendre la mi-saison pour enfin s’investir dans les 13 témoignages.
Par ailleurs, malgré quelques mises en place télescopées, beaucoup de personnages n’ont pas évolué d’un iota. À commencer par Clay, qui semble encore plus perdu que l’année dernière avec en prime un traitement du deuil usant d’un ressort visuel idiot (spoiler) : la présence et les dialogues avec le fantôme d’Hannah. M’est avis que ca ressemble plus à de la schizophrénie mon grand, va consulter ! L’intérêt est évidemment de donner du temps d’écran à Katherine Langford, mais apparaît vite comme une erreur artistique. Peut-être aurait-il mieux valu ne plus faire apparaitre l’actrice pour renforcer le paradoxe de son omniprésence dans la vie des vivants…

D’autant que d’autres axes sont plus intéressants, le processus de cicatrisation de Jessica par exemple, retraçant toutes les étapes de la guérison après un viol. Le deuil d’Olivia, magnifiquement interprétée par Kate Walsh et l’implication plus présentes des parents, tous impuissants face au quotidien de leurs enfants. La guérison d’Alex, l’isolement de Tyler, la colère de Tony, l’addiction et les remords de Justin… bref il y a quand même de la matière dans cette seconde saison bien que moins bien amenée.
Là où la première mesurait habilement le tragique et le factuel pour créer un équilibre émotionnel, celle-ci dose mal son « pathos » est tombe trop souvent dans le (teen) drama excessif. À l’inverse du final qui se solde sur cliffhanger peu crédible en plus d’être décevant (#eugenieestunepsychopathe) et tease à gros sabot une saison 3.

L’année dernière la plupart des intrigues trouvaient une conclusion juste, alliant tragédie et espérance pour la reconstruction des personnages et les quelques questions en suspens liées à Bryce et Alex étaient confiées à l’imagination de chacun. Alors pourquoi cette suite qui sans être mauvaise est, du point de vue de la fiction, inutile (qui a envie d’un plateau de sushi après un cinq-étoiles) ?
Peut-être parce que « 13 Reasons Why » ne se voit pas comme un simple objet de divertissement. Brutale et incisive quand elle abode des sujets de sensibilisation, (dépendance, dépression, agression, harcèlement etc.) elle porte avant tout un appel au dialogue.

La critique de Marcellin – 3/5

Ah les séries pour ados, ma hantise ! Véritable phénomène indécrottable depuis que le petit écran existe, les teenagers ont tous les ans de quoi étancher leur soif. Je n’ai pas souvent été leur meilleur public, mais il arrive parfois que certaines créations sortent vraiment du lot. C’est le cas de « 13 Reasons Why ». Car cette série, au delà des minauderies, traite de sujets tabous mais terriblement actuels : le harcèlement, le suicide, le viol…
La dernière (mais peut être la seule vraiment intéressante ?) grande création à illustrer les méandres de la jeunesse s’appelait Skins…
Loin de talonner sa cousine britannique, 13 Reasons Why a le mérite de nous balancer en pleine figure une réalité bien difficile à accepter. La première saison était d’une efficacité redoutable : addictive, déroutante, surprenante, elle avait réussi à nous captiver. Mais alors pourquoi s’attaquer à une saison 2 ?

Les cassettes ayant fait leurs procès intimes, le testament d’Hannah apparaît dans cette deuxième saison sur la place publique. Le message est plutôt pertinent : le système, l’effet de groupe peut isoler n’importe qui d’entre nous. C’est ce qui arrive ici à certains personnages qui tiraient leurs épingles du jeu dans la saison précédente. Mais la série s’engouffre malheureusement dans des détails grossiers, notamment dans les relations qu’entretenaient Hannah avec ceux qui l’ont poussé au suicide.
La première saison laissait planer un doute subtil, où chaque petit geste ou parole peut prendre des proportions catastrophiques. Celle-ci tente de justifier encore plus son geste mais pour parfois tomber dans du mielleux assez grotesque (renforcé encore plus par Hannah-Casper qui se décide à hanter Clay le timbré-qui-parle-tout-seul-dans-un-café).

Pourtant, cette nouvelle saison arrive à proposer un militantisme sincère, porté par ses acteurs investis physiquement autant qu’émotionnellement. Plus les épisodes avancent, plus nous voyons se dessiner une véritable réflexion sur les nombreux visages que peut prendre le bullying. À travers certains personnages se brasse une tension palpable, jusqu’à certaines scènes qui prennent quelque peu à la gorge. Cette saison est donc celle d’un procès commun, celui de la détresse, de la haine, de l’abandon, et bien sûr s’est glissée parmi cela une ombre envahissante de l’affaire Weinstein.

La suite de 13 Reasons Why a réussit à convaincre, principalement grâce à un message porteur de sens, à quelques épisodes et à des personnages clés. Mais se pose encore la question de la logique d’une continuité…

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