The Handmaid’s Tale – saison 3

This Woman’s Work

Kezako ?

June n’a pas quitté Gilead afin de retrouver sa fillette, Hannah, mais aussi pour combattre le système depuis l’intérieur. Elle se voit mutée auprès de l’ancien maître d’Emily, le commandant Lawrence. Ne perdant pas de vue ses projets, elle ne sait plus sur quel pied danser avec celui-ci. Pendant ce temps, la remise en question de Serena continue…

La critique d’Eugénie – 7,5/10

La série dystopique vient de s’achever sur un épisode fort malgré une saison en demi-teinte.
Après une introduction pleine de promesse et de scènes marquantes (l’arrivée d’Emily au Canada), les épisodes suivants se sont malheureusement enlisés dans la lenteur caractéristique du show, abusant des gros plans au point d’en détourner le sens. Ainsi, l’esthétisme minutieux de la série, valorisant à la fois le jeu des acteurs et le symbolisme, s’est trop souvent réduit à du remplissage. Les longueurs sont d’autant plus pénibles qu’elles soulignent l’immobilisme scénaristique de certains arcs, quand d’autres sont clairement sous-exploités, comme la réinsertion d’Emily dans la société canadienne.

À Gilead les choses ne vont pas en s’améliorant et la série n‘épargne aucune souffrance à son héroïne, June, qui s’endurcit au point d’en devenir cruelle et par instants, inhumaine. Une inhumanité née de ses ultimes désillusions et du désespoir mais qui s’avère nécessaire au développement de l’intrigue. C’est en abandonnant ses rêves personnels que naît une ambition plus universelle : faire sortir le plus d’enfants de Gilead ! Dès lors, les derniers épisodes, tout en gardant leurs rythmes habituels, se chargent d’un suspense de chaque instant. Une fébrilité d’autant plus forte que la série nous permet pour une fois d’espérer !

C’est en cela qu’Handmaid’s Tale sait rester loin du « torture porn » souvent évoqué par ses détracteurs. Même si cette saison 3 a eu tendance à fleureter avec le genre, elle demeure avant tout pédagogique dans son approche de la violence. Brutale et choquante certes, mais plus par prévention que par sadisme. Très politisée, ses piques lancées en direction du gouvernement trumpiste sont acérés et la série se montre toujours aussi incisive quand il s’agit de parler de liberté. Ainsi, même quand on ne peut plus imaginer pire, même la parole peut devenir un privilège. 

Intrinsèquement féministe, The Handmaid’s Tale met plus que jamais en avant le concept de sororité face à l’adversité, et ce à différentes échelles : Moira et Emily, servantes et marthas – véritable mafia au sein de la résistance – et même un étrange trio de défis et de compassion entre June, Serena et Eleanor. Mais c’est surtout dans les rapports de force que se créaient les plus gros changements. Au sein du couple Waterford pour commencer, mais surtout entre June et le Commandant Lawrence, personnage énigmatique qui peu à peu se dessine et s’adoucit par l’amour qu’il porte à sa femme souffrant de troubles mentaux (aggravés sans aide médicale). Alors que June, la servante, gagne en force, l’homme fort de Gilead s’effrite sous le poids de la société qu’il a contribué à créer.

Annoncée comme la saison de la « révolte », la troisième est en fait plus celle des décisions et de leurs conséquences. Décisions et conséquences pour les Lawrence qui n’ont plus d’autres choix que d’échapper d’une manière ou d’une autre au régime en place. Décisions et conséquences pour les Waterford qui se trahissent tour à tour – qu’il est jouissif de voir ces deux-là en difficulté. Mais surtout décisions et conséquences pour June qui aura causé plus ou moins directement la mort de cinq personnages : la martha de sa fille Hannah, Ofmatthew, le commandant Winslow, Eleanor (dans une scène bouleversante) et l’Oeil du dernier épisode.
La série s’achève sur un nouveau cliffhanger et une lancée plus franche vers la résistance. Espérons que la saison 4 saura ne conserver que le meilleur de ce cru 2019 et, sans tomber dans l’optimisme, diluer un peu plus d’espoir et de contestation pour rester aussi fascinante que dans son dernier tronçon. En bref, fini les palabres, place aux actions !


Créé par Bruce Miller
Avec Elisabeth Moss, Yvonne Strahovski, Joseph Fiennes, Samira Wiley, Alexis Bledel…
USA – Drame, Science-fiction
Saison 3 (13 épisodes) diffusée depuis le 5 juin 2019
Durée par épisode : 43–62 minutes

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