Le Roi Lion

It’s the circle of cash

Kezako ?

Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres plans. 

La critique d’Eugénie   –   5/10

Le Disney phare des années 90 fait son retour sur grand écran avec un lifting numérique qui ne convainc pas tout le monde.

Si la première partie donne dans le mimétisme pour mieux valoriser la prouesse technologique, elle relève aussi d’un fan service complètement assumé et ne s’affranchit donc jamais de la comparaison avec l’original.
Cela dit, force est de constater que l’image est impressionnante, davantage par dextérité technique que par parti pris artistique mais tout de même, vraiment impressionnante ! Cependant, le photoréalisme montre lui aussi ses limites dans la transcription des émotions, les adorables bouilles des lionceaux ayant bien du mal à illustrer la peur et la tristesse. Une limite qui se ressent d’autant plus dans la célèbre scène de la mort de Mufasa, traumatique pour toute une génération, qui ici ne reste que vaguement émouvante grâce à la musique d’Hans Zimmer et à l’écho du dessin animé.

Le live action essaye de compenser ce manque de nuance en prenant plus de temps sur les transitions (parfois trop) et les dialogues ; une démarche qui, sans recréer la poésie de l’animation, s’articule autour d’une respiration profonde, presque contemplative ce qui sied plutôt bien à l’ambition technique du film. Réalisme oblige, les éclipses narratives sont plus difficiles à avaler que dans un dessin animé et c’est par ce rythme plus lent que Le Roi Lion évite élégamment les incohérences et maintient l’illusion de « crédibilité »… pour un temps seulement !
Les retrouvailles entre Simba et Nala adultes sont ainsi complètement télescopées et enchaînent sur une séquence romantique dénuée de toute subtilité qui devient presque parodique. Un problème accentué par le doublage de Beyoncé dont la voix sonne trop mûre et sûre d’elle pour la jeune Nala.
La célèbre chanteuse est cependant le seul bémol d’un casting anglophone prestigieux et excellent. Pour ce qui est de la déclinaison française, on ne peut que déplorer un star talent disons douteux : d’un côté Donald Glover, Queen B et Seth Rogen et du notre Rayane Bensetti et Jamel Debbouze (on a les idoles qu’on mérite)… Au moins Jean Reno rempile dans le rôle de Musfasa là où le regretté Jean Piat ne pourra pas re-prêter sa voix au personnage de Scar (RIP Jeannot, tu nous manques).

En parlant du lion, l’oncle maléfique de Simba fait parti des personnages profitant – ou souffrant, là c’est purement subjectif – d’une légère réadaptation, moins sournois que dans le film de 1994 et plus ouvertement malveillant, dégageant la même agressivité sourde que le Shere Khan du Livre de la jungle de 2016, lui aussi réalisé par Jon Favreau (et l’un des bons reboots de Disney).
D’autres personnages bénéficient également d’un coup de fouet moderne, comme Zazou, doublé par l’excellent John Oliver, et le duo Timon et Pumba, encore plus hilarant que dans le dessin animé. À contrario, le singe Rafiki perd tout intérêt et les quelques rajouts visant à donner de la profondeur à Nala et Sarabi sont bien minces. Le réalisateur loupe dès lors la chance de réinventer son propos et de donner une valeur ajoutée scénaristique à cette version en modernisant ses thématiques et analogies politiques qui faisaient déjà débat à la sortie du film en 1994.

Bilan mitigé pour un énième reboot qui peine à justifier son existence autrement que par l’appât du gain. Si le but était une démonstration technologique capitalisant sur l’affect du public pour l’Histoire de la Vie, on aurait très bien pu se contenter de quelques scènes cultes retournées pour l’anniversaire du film.


Réalisé par Jon Favreau
VO : Donald Glover, Beyoncé, James Earl Jones, Billy Eichner, Seth Rogen…
VF : Rayane Bensetti, Anne Sila, Jean Reno, Jamel Debbouze, Alban Ivanov…
USA – Famille, Aventure
Sortie en salle : 17 juillet 2019
Durée : 1h 58min 

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