Dragons 3 : le Monde caché

Dernière envolée

Kezako ?

Harold est maintenant le chef de Berk au côté d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence.

La critique d’Eugénie – 3,5/5

Les studios Dreamworks ont su, en seulement 20 ans, non seulement imposer leur style mais redéfinir par là même les limites de l’animation. Pas de contes de fées classiques chez l’homme de la lune, il leur préfère des histoires plus profondes, juste équilibre d’humour, d’aventure et d’émotion, servies par des personnages hauts en couleur, des outsiders, des héros imparfaits et pour certains, déjà cultes. Avec un Shrek aujourd’hui aussi célèbre que Blanche-Neige, les Croods, les Cinq Légendes, le mésestimé Sinbad et le puissant Prince d’Égypte, les studios n’ont pas à rougir de leur écurie. Pourtant il est une force, apanage de Disney (et de certains Miyazaki), qu’ils n’ont jamais totalement maîtrisé : ce sens du merveilleux à l’épreuve du temps, de l’onirisme qui transcende l’image pour aller chercher l’enfant en chaque spectateur. C’était sans compter sur l’improbable duo qui a pris son envol en 2010…
Et dire qu’à l’époque je m’y étais rendue sans grand enthousiasme, peu inspirée par le design « grotesque » des dragons sur les bandes annonces … Quelle idiote ! En une heure et demi, « Dragons » était devenu (avec le Prince d’Egypte) mon Dreamworks préféré !

Huit ans plus tard, il est temps de clôturer cette belle épopée avec un troisième volet qui livre à la fois son meilleur et son plus attendu.
Adapté d’une saga littéraire, peut-être le film ne pouvait-il pas s’autoriser plus de liberté dans son scénario qui apparaît vite comme assez prévisible. Et si le gros travail de miroir avec le premier opus est très appréciable, rejouant même certaines de ses scènes les plus cultes, tant pour jouer avec les sentiments du public que pour mettre en valeur l’évolution symbiotique d’Harold et Krokmou, on regrette le manque originalité et d’audace dans la trame principale.
Un sentiment illustré par le nouvel antagoniste du film, certes bien plus intéressant que le Drago Poinsanklant du précédant film, mais qui manque encore de place et de relief pour exister. Et de fait, le film s’attache surtout à nous présenter l’évolution des personnages et de leurs relations, mais certains axes auraient pu être totalement amputés pour laisser plus d’espace à l’intrigue.

« Dragon 3  » joue avec nos attentes pendant une première moitié un brin poussive et terriblement frustrante. Il faut attendre les 45 dernières minutes pour qu’enfin toute réserve s’envole en un feu grandiose et émouvant. Misant tout sur le capital sympathie de ses héros (voir le fan service), le long métrage achève son périple initiatique en une belle apothéose émotionnelle (tout en se fendant d’un clin d’œil écologique) pour le public qui a grandi en même temps que les personnages.

La technique elle aussi a évolué. C’est désormais un prérequis à chaque nouveau dessin animé d’en prendre plein la vue et « Dragons » n’échappe pas à la règle ! L’image nous scotche la rétine dès les premières minutes et embrasse le sublime par instants, d’un fabuleux rendez-vous dans un orage à la découverte du monde caché (frangine du Pandora d’Avatar) en passant par le catalogue d’expression des dragons (et surtout de Krokmou) pour des séquences humoristiques toujours aussi délicieuses.
La virtuosité de l’animation n’a d’égale que celle de John Powell à la composition, signant à nouveau une superbe partition, et le talent du casting français au doublage !

« Dragons 3 : le Monde caché » est un épilogue honorable et stratégiquement très adroit dans son approche du spectateur, mais à qui il manque la fougue et l’audace du film qui n’a rien à perdre (et tout à prouver) pour atteindre son zénith artistique.


Réalisé par Dean DeBlois
Avec Donald Reignoux, Florine Orphelin, Féodor Atkine
USA – Animation, Aventure
Sortie en salle : 5 décembre 2018
Durée : 1h 44 min 

 

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