Les Animaux Fantastiques 2 : Les Crimes de Grindelwald

Confundus

Réalisé par David Yates
Avec Eddie Redmayne, Johnny Deep, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Jude Law, Zoë Kravitz…
USA, UK – Fantastique, Aventure
Sortie en salle : 14 novembre 2018
Durée : 2h 14 min 

Kezako ?

1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. 

La critique d’Eugénie – 3/5

Moins de 24h après sa sortie, ce deuxième volet des « Animaux Fantastiques » divise déjà les fans. Internautes et journalistes s’enflamment, inondant la toile d’avis tranchés entre amour passion et amère déception… en ce qui me concerne, « Les Crimes de Grindelwald » m’ont laissé un goût aigre-doux.
Quand le premier volet prenait patiemment le public par la main pour lui présenter les personnages et les enjeux fondateurs de l’histoire, cette suite accélère brutalement sans passer les vitesses et n’évite le crash que de justesse.

Le récit est difficilement lisible, sans cesse malmené par l’accumulation anarchique de mystères et d’énigmes à déchiffrer. Mais pour créer une intrigue (au sens premier du terme), il faut d’abord l’inscrire dans un cadre explicite sans lequel le spectateur se noie dans le flou scénaristique. Privés de repère, nombreux sont ceux (même parmi les lecteurs des livres) à avoir bu la tasse…
Trop de pistes et trop de personnages entravent le récit en plus de gâcher le potentiel de certains seconds rôles, comme Leta Lestrange (superbe Zoë Kravitz).
Chaque mini-intrigue finie cependant par trouver sa conclusion dans un dernier quart de film captivant, mais qui met en exergue les nombreuses maladresses d’écritures. Du reste, on se demande bien comme l’auteure va justifier certaines révélations disons… improbables !
Alors certes, l’ambition est louable, mais que vaut l’ambition si l’exécution ne suit pas ?

De fait, le scénario est plus dense et politique que le premier film. On s’éloigne de l’histoire de Newt Scamender (Nobert Dragonneau pour les francophiles) pour entrer de plein pieds dans la partie d’échecs opposant Dumbledore et Grindelwald, les deux atouts majeurs de cet opus !

Jude Law incarne un Dumbledore plus jeune et impétueux mais déjà mu par son goût du secret et de, soyons francs, son talent pour la manipulation. De la gestuelle au regard amusé, c’est enfin le Dumbledore de Richard Harris retrouvé ! Un parallèle se dessine à mesure que l’on découvre les actions et les discours des deux ennemis qui sont, mises à part leurs convictions, très semblables…

Car Grindelwald, magnifiquement interprété par Johnny Deep, n’a pas grand-chose à voir avec son prédécesseur (ou successeur, tout dépend de quel point de vue on se place), Lord Voldemort. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est assurément un grand méchant du cinéma mais il reste l’archétype d’une vision très manichéenne. Conçu sous l’influence d’une potion d’amour et ayant séparé son âme en plusieurs morceaux, il est une incarnation du mal absolu, incapable d’amour et d’humanité.
Gellert Grindelwald est un méchant plus nuancé, tant de le jeu de l’acteur que dans l’écriture même. Un méchant plus complexe et plus pernicieux, plus actuel aussi. C’est le mal nécessaire, le mal pour un bien, celui qui use de la peur et de l’injustice pour manipuler l’opinion, celui qui pave l’enfer de ses bonnes intentions. Une allégorie incisive de notre Politique. Orateur et stratège, Johnny Deep parvient à retranscrire l’attirance que peuvent exercer ce genre de personnalité sur les naïfs, les désabusés et les révoltés, dans une scène d’une portée contemporaine cuisante. Amusant pour un film fantastique…

Comme souvent avec les seconds volets, « Les Crimes de Grindelwald » fait office de transition dans une saga qui n’a pas encore tout à fait trouvé sa place. Malgré une réalisation soignée et un impressionnant travail d’imagination pour donner vie au monde des sorciers, à la sortie de la salle, le film se résume en deux phrases : « Attends, c’est qui lui/elle ? » et « J’ai rien compris ! ».

 

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