Parvana une enfance en Afghanistan

« Raise Your Words »

Réalisé par Nora Twomey
Avec Golshifteh Farahani, Saara Chaudry, Soma Bhatia …
Canadien, Irlandais, Luxembourgeois – Animation
Sortie en salle : 27 juin 2018
Durée : 1h 33min 

Kezako ?

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l’argent ni même acheter de la nourriture…

La critique d’Eugénie  – 4,5/5

Le roman de Parvana fût l’une de mes grandes découvertes de jeunesse. Une ouverture sur une autre définition de l’enfance, méconnue, ignorée et terrifiante. Adulte, je n’ai pas oublié l’émotion des mots de Deborah Ellis… pourvu que le film lui rende un juste hommage !

Adaptation oblige, le film prend des libertés avec l’histoire originale, surtout induite par son format : l’Afghanistan sous le régime des talibans, tout public et en animation, forcément il faut faire des concessions ! Les scènes les plus violentes ont été supprimés (exécution, champs de mines, collecte d’os) mais fort heureusement, l’essence demeure. Mieux que ça, la réalisatrice Nora Twomey a su trouver la voix la plus juste pour délivrer son histoire : la puissance du message de Parvana passe par l’audace de son médium ! Sublimée par la qualité de l’animation, l’image est redoutablement intelligente, hypnotique quand les graphismes arrondis, doux, parfois grotesques se confrontent à la violence des actions et des gestes.
Une forme de pédagogie qui rend le film intelligible à une cible relativement jeune, à condition que celle-ci soit capable de recul (plus de 7 ans vivement recommandé).

Incisif, puissant, « Parvana » est une fable émotionnelle alliant des tableaux colorés d’une rare poésie à la tension palpable du quotidien poussiéreux de Kaboul, le tout porté par une très belle bande originale. Une réalité dure, à la limite du soutenable que la réalisatrice a choisi de tempérer avec l’ajout de la légende de Souleymane, (raconté par Parvana) héros affrontant un roi éléphant despotique…

Un choix autant artistique que scénaristique, livrant deux histoires en une, d’apparence incompatible, la réalité et la fantaisie qui pourtant évoluent, se supportent et fusionnent pour livrer un message jaillissant du final incertain, comme seule lueur d’espoir contre l’obscurantisme : « Élevez vos paroles et non votre voix. C’est la pluie qui fait pousser les fleurs pas le tonnerre. » Rien à ajouter.

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