Marcellin en vadrouille au Festival de Cannes

Il y a un peu plus d’un mois, je recevais un aperçu du paradis pour tout cinéphile qui se respecte :

« Vous participez à l’édition 2018 du Festival de Cannes »

C’est une première pour le Festival de proposer à plusieurs jeunes de fouler les marches du Temple dédié au 7eme art. Il a donc mis en place « 3 days in Cannes », à gagner sur lettre de motivation. Ma lettre d’amour à peine envoyée, j’ai été rapidement sélectionnée pour me rendre à l’évènement le plus prestigieux du monde cinématographique . Une chance unique pour les jeunes rêveurs qui ont tant espéré pénétrer ce monde exclusif. Pendant le Festival, la Croisette est inondée d’une ambiance entre luxe calme et volupté. C’est une sensation unique, où chaque instant semble coupé du monde…
Mais attention ! Préparez les armes ! Le Festival de Cannes, c’est beaucoup de paillettes mais aussi beaucoup d’attente !
Afin d’avoir la chance de pouvoir admirer tous les films proposés, il faut donc soit avoir les pieds bien accrochés, soit avoir le badge adéquat. Mais la récompense a un meilleur goût lorsqu’il y a eu combat acharné…

Parmi tous les films que j’ai pu découvrir, je vais donc vous présenter la critique de mes 3 coups de coeur du Festival :

UNDER THE SILVER LAKE
de David Robert Mitchell

Kezako ?

Sam, 33 ans est un loser en quête de gloire vivant à Los Angeles. Il rencontre Sarah, une voisine énigmatique qui disparaît brutalement. Il se lance alors à sa recherche, parcourant les tréfonds de la cité des Anges et l’embarquant ainsi dans une quête psychédélique…

David Robert Mitchell est auteur de rares films, mais d’un talent inimaginable. Père du vénérable It Follows, il est passé maître dans l’art de la mise en scène. Sa technique est lente, progressive, se mêlant à une photographie puissante, une sobriété de jeu et un scénario innovant. Dans son film présenté en compétition à Cannes, il nous livre en pâture un jeune homme transformant sa vie insipide en enquête surréaliste. Plus qu’un hommage au temple hollywoodien, Mitchell nous fait parcourir un Los Angeles aux tons pétillants comme aux nuances les plus sombres. Teinté d’une délicieuse paranoïa et de rebondissements très loufoques, le film réussit malgré tout à nous emporter du début jusqu’à la fin. Under The Silver Lake est un beau métissage entre Kaboom de Gregg Araki et Mulholland Drive de David Lynch : nourri par son humour décalé, ses aperçus de film noir et ses décors à couper le souffle.
Plus l’intrigue avance, plus on s’amuse aux côtés de ce héros malgré lui à récolter chaque indice, à s’en faire sa propre interprétation, souvent la plus grotesque. Hélas c’est là qu’est l’os, à force de chercher la moindre justification, le point final en reste très mystique, et au demeurant assez décevant. Car le réalisateur passe deux heures et quart à divaguer (lui aussi), pour finalement ne retenir aucun propos. Mitchell se démarque bien mieux dans la sobriété énigmatique qu’il nous a apporté dans son désormais culte It Follows...

Note : 3,5/5

YOMEDDINE
de A.B SHAWKY

Kezako ?

Après la mort de son épouse, Beshay, un lépreux désormais guéri, décide de quitter la léproserie, son unique endroit d’adoption. Il part à la quête d’une famille qui l’a éloigné du monde réel. Il trouvera dans ce road trip identitaire, maux et moments d’humanité, mais surtout l’amour d’un orphelin nubien…

Le Festival de Cannes est une belle occasion de découvrir des films étrangers que nous avons rarement l’occasion de voir sur nos écrans français. J’ai donc eu la chance d’assister à ce film égyptien d’une poésie touchante. Yomeddine n’a rien de triste, au contraire, loin de tomber dans un pathos profond et maladif de certains films à Cannes, cette réalisation est une véritable leçon de vie. Les acteurs sont portés par leurs rôles, à tel point que le film prend des airs de documentaire, parcourant avec ces Thelma et Louise marginalisés (l’un par sa maladie, l’autre par son statut d’orphelin), une Egypte contemporaine. Le Nil devient un terrain de rencontres, de rejets comme d’étreintes, de sourires comme de larmes. Certaines scènes sont poignantes, par leur simplicité plus que par leur message, et le visage de Beshay nous apparaît comme une palette d’émotions que le réalisateur manie avec sensibilité. Mais surtout, Yomeddine est porteur d’espoir, celui qui nous amène à toujours aller au delà des limites qu’imposent la difficulté, les critiques et la haine.

Note : 3/5

EL ANGEL
de LUIS ORTEGA

Kezako ?

1971, Buenos Aires. Carlitos, 17 ans, est un ado rebelle au visage d’ange. Amoral et insensible, il plonge doucement aux côtés de son acolyte Ramon, dans une spirale de crimes le menant aussi bien au vol qu’au meurtre de sang froid…. Inspiré d’une histoire vraie.

Dans ce film argentin, le crime a les traits du David de Michelangelo. Baigné dans un océan de couleurs kitschs et de tons pastels, ce criminel aux airs de bambin va mener son bateau où bon lui semble, nous livrant au monde comme si il lui appartenait. Avec son ténébreux partenaire de crime Ramon, ils vont semer un vent de terreur sur Buenos Aires. Ces Bonnie & Clyde à peine sortis de l’enfance brillent par leur complicité tant que par leurs différences; on verra d’ailleurs ce duo s’illuminer dans une scène de cambriolage assez loufoque. La beauté de ce film est irrésistible, que ce soit par les traits de ses acteurs, le travail de génie qu’exécute le chef opérateur Julian Apezteguia ou encore la virtuosité d’une bande originale électrisante.  L’insouciance dirige le film dans un trip 70’s et offre à des scènes pourtant violentes une ambiance veloutée. Une douceur qui s’est opérée dans l’évolution tantôt amoureuse tantôt amicale des protagonistes. Le réalisateur apprécie le jeu d’une ambiguité malheureusement de rigueur dans cette période de discrétion pour les homosexuels. Et pourtant, tout au long du film, l’acteur Lorenzo Ferro maniera avec finesse le détachement constant, tant vis à vis de ses crimes que de ce qui le rapproche le plus d’une forme d’émotion. Un jeu maîtrisé à la perfection qu’on peine à distinguer son personnage du véritable Carlos Eduardo Robledo Puch, le tueur en série surnommé « l’ange de la mort ». El Angel vous rappellera donc les beaux souvenirs d’un certain Alex et d’une Orange Mécanique…

Note : 4/5


J’espère à nouveau fouler les marches rouges du Festival de Cannes, pour découvrir de nouveaux prodiges du 7ème art et revivre l’ambiance bien particulière qui envahit la Croisette. C’est une expérience unique à vivre, pour chaque cinéphile qui rêve en nous, alors à toi Ô Festival, I’LL BE BACK !

Par Marcellin

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