Black Panther

Réalisé par Ryan Coogler
Avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Letitia Wright, Martin Freeman…
USA – Action, Science-fiction
Sortie en salle : 14 février 2018
Durée : 2h 15min 

Kezako ?

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

La critique de Marcellin   –   3/5

Grande aficionado de l’univers DC Comics, je dois tout de même rendre à Marvel ce qui est à Marvel. La firme a une grande appétence pour le renouvellement, sachant nous offrir des univers, des parti pris cinématographiques, des scénarios, des personnages aussi divers que le nombre de ses super héros. Admirer une oeuvre Marvel est un pur plaisir en terme de divertissement, et une surprise à chaque découverte. Même si à mon humble avis, les protagonistes, manquent parfois cruellement de dimension psychologique, je reste friande de chacune de leurs aventures. Je me devais donc d’aller visionner leur dernier bébé : Black Panther. Car j’étais plus qu’enjouée à l’idée de voir un film centré sur des personnages majoritairement noirs. Je ne peux que déplorer les démarches scandaleuses de white washing opérées par de nombreux choix de castings et de surcroît dans un contexte où les revendications sont de plus en plus vivaces. Par ailleurs, j’ai eu l’occasion de voir le film en version originale, où les acteurs empruntent l’accent de leur terre d’origine, le Wakanda, situé sur le continent africain. Cependant, aucune trace de cet accent sur la bande annonce française, parti pris volontaire ou involontaire ? Je vous laisse juger…

Dans un autre genre, le scandale de Google Bombing dont a été victime le film est un parfait résumé d’un certain climat qui règne autour de ce type de film. Lors de recherches sur le film, les internautes ont été choqués de constater que le film ne s’intitulait plus Black Panther, mais La Planète des Singes : Suprématie. Egalement, sur Senscritique, on a pu voir apparaître la mention Dix Petits Nègres. Autant de pratiques honteuses, qui nous amènent à penser que même autour d’un divertissement, la haine ne fait que se propager.

Enfin, j’écris ici pour vous faire la critique d’un film, alors revenons sur ce sujet. Je reste assez mitigée dans l’ensemble sur cette projection, car elle nous livre de belles pépites, comme certaines déceptions. Je commencerais par saluer l’énormissime bande originale (merci Kendriiiiiick) qui donne au film un rythme de fou furieux, alliant sonorités africaines, hip hop et classique. En ce qui concerne les personnages, ils sont à l’image du film, très partagés. Je souhaite faire honneur aux forces armées représentées par des Grace Jones félines et magnétiques, prêtes à botter tous les culs de la galaxie pour le Wakanda. Car c’est une des points forts du film, les femmes sont ici des personnages libres, marchant aux côtés des hommes, tout en ayant leurs propres combats. Pour le côté testostérone, T’challa tend à s’effacer au profit de la bombe Killmonger (à poil Michaaaaeeeeel), qui jouit d’une histoire personnelle très forte et inattendue.

Enfin, le film exprime subtilement, même si il subsiste quelques maladresses, un discours plus que contemporain, d’un peuple coupé du monde qui se préserve du chaos extérieur. Mais peut on toujours se protéger en ignorant autrui ? Doit on ignorer les enjeux d’une planète dans laquelle nous vivons et qu’il se doit d’être protégée ? Black Panther est une belle métaphore d’un contexte social et politique très actuel. Le film est bien évidemment une entrée en matière, assez réussie dans l’ensemble, du prochain Avengers, qu’il nous tarde de visionner. Un poing levé d’un super héros atypique et une ode au rassemblement.

La critique d’Eugénie – 3,5/5

Pour le grand public, les super-héros se cantonnent à un phénomène de mode, anciennement réservé à une geekosphère boutonneuse et prépubère. Des fantasmes enfantins, voilà ce que sont les hommes en collants. Pourtant comme tout élément de fiction, les figures des dieux, monstres et autres héros se font souvent (pour ne pas dire toujours) l’écho du pouls sociétal et culturel d’une époque. Pour Godzilla, c’était la paranoïa post Hiroshima, la marche vers la Seconde Guerre Mondiale a mis en lumière un besoin d’espoir retranscrit dans la figure messianique de Superman (tout premier super héros), quant aux Watchmen, il s’agit d’une métaphore de « l’horloge de l’apocalypse »…

Bref, les aventures des super-héros sont rarement dénuées de sens, mais rare sont celles ayant une portée aussi politique que celles de Black Panther ! Premier héros noir ET africain (bien avant les afro-américains le Faucon et Luke Cage) parut dans les années 60 en soutient au mouvement pour les droits civiques*, le roi du Wakanda castagnait déjà du Ku Klux Klan sur papier. Et si le MCU n’a jamais véritablement cherché à transcender son univers avec des messages politiques, il faut croire qu’il a choisi ici de respecter l’origine du personnage. D’aucuns pourraient déplorer le tapage médiatique très politisé alentour, mais en même temps, le film fait tout pour ! Du choix de l’avant-première au Kenya au réalisateur Ryan Coogler en passant par le compositeur (BO de malade mentale !) et l’ensemble du casting, aucun des choix de « Black Panther » n’est anodin ! Tout cela sans évoquer les très, TRÈS nombreux messages politiques et sociaux au sein même du film : quel équilibre entre innovation et tradition ? Protectionniste ou mondialisation ? Martin Luther King ou Malcom X ? L’Histoire elle-même donne dans le clin d’oeil en inscrivant le long métrage en plein mouvement du Black Lives Matters dans l’Amérique de Donald Trump.

Bref, il est très difficile de ne juger « Black Panther » que comme un support de fiction. Et n’étant pas la dernière a râlé face au white washing et autres discriminations banalisées, je me dois de reconnaitre l’ambition ! L’intention a de la valeur et le message global est cohérent, malgré quelques maladresses – n’oublions pas que c’est Disney après tout…

En ce qui concerne l’objet de cinéma pur, le film se classe aisément parmi les meilleurs du MCU, tout simplement parce qu’une bonne moitié ne ressemble pas à un Marvel. « Black Panther » réussi avec habileté à s’ancrer dans le vaste univers de sa franchise tout en tentant d’autres choses en terme de ton et de rythme, allant même jusqu’à flirter avec  ceux des James Bond – d’ailleurs je lance l’idée : Michael B. Jordan prochain 007, c’est une prédiction d’Eugénie !
La caméra de Coogler excelle dans sa transcription de la violence même si à nouveau l’abus de CGI est à déplorer, surtout sur les paysages. Pourtant, les décors et les costumes réussissent à donner vie au Wakanda avec plus de finesse que pour d’autres films de la saga, notamment Asgard.

Dans les bonnes mentions, on retrouve un casting excellent avec des seconds rôles féminins et féministes fantastiques portés par le superbe trio Lupita, Dania, Letitia ! Aucune fausse note pour Martin Freeman et Andy Serkins quand MBJ au top de sa forme livre, avec Loki et le Vautour, l’un des méchants les mieux écrits du MCU (on attend toujours Thanos) ! Paradoxallement, celui qui attire le moins notre sympathie c’est T’Challa malgré la justesse de ses scènes d’émotion. Fidèle à une posture hautaine de monarque, le personnage manque d’empathie et de faiblesses pour être attachant et semble bien fade en comparaison de ses coéquipiers.

Avec sa touche d’humour bien dosé, « Black Panther » est décidément un très bon cru marvélien et aurait pu l’être encore plus s’il n’était pas retombé dans la prévisibilité de son cahier des charges à mi-chemin. Après une phase de découverte très plaisante, on retourne sur des chemins scénaristiques bien tracés aux retournements attendus souffrants qui plus est d’une grosse perte de rythme au milieu. Dernier opus avant le très, très, mais alors TRÈS attendu « Infity War », il n’y a rien à attendre des scènes post générique qui ne feront que frustrer le spectateur, au risque d’amoindrir encore l’éclat de ce qui reste malgré tout un bon film de super-héros !

* Le comics Black Panther est antérieur au mouvement politique du même nom bien qu’ils soient nés la même année. Il n’existe a priori aucun lien (officiel) entre les deux, l’ascension du parti ayant contraint Marvel à renommer pour un temps son personnage en « Black Leopard ».

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