Fifty shades of Shit

Ah, la Saint Valentin est de retour avec ses valises débordantes de tendresse et de bons sentiments, de douceurs insipides, de cartes sirupeuses et de fleurs mièvres… Et comme Valentin ne connaît pas la retenue, ses bonnes intentions finissent par écœurer cyniques et célibataires (du reste ce sont parfois les mêmes) qui en guise de « fête » s’offrent une bonne crise de foie et une douce diarrhée verbale sur fond de critique de la société de consommation.
Pourtant, personne n’a rien contre les amoureux. D’aucuns pourraient déplorer l’événementialisation du romantisme mais encore faudrait-il être en couple pour que la critique soit fondée…
Non, le vrai problème du 14 février ce sont ces clandestins du marketing bien plus horripilants que les cœurs à foison, les restaurants bondés ou les vendeurs de roses intempestifs ! Je parle bien sûr du florilège de comédies romantiques melliflues et clichées, dont la qualité ne cesse de décroitre, qui inondent nos écrans chaque année ! Comme par exemple les volets « Cinquante nuances » adaptés des romans du même nom, eux-mêmes nés d’une fanfiction de la saga Twilight.

Que n’ai-je été, ce tragique août 2013, victime d’une crise de cécité lorsque, convaincue par la vaste campagne publicitaire, j’ouvris les pages de cette sombre m****, avide de découvrir un nouveau succès littéraire que j’imaginais déjà l’égal des « Millénium »… Pourtant, malgré ma stupéfaction devant tant de médiocrité – oui parce que bon on ne peut pas toujours tempérer ses propos et respecter l’opinion de chacun –  j’espérais une mutation miraculeuse lorsque l’adaptation cinématographique fut annoncée. Tel un pigeon renaissant phœnix, j’imaginais un film assumant ses distances avec l’œuvre originale (et donc respectant le principe « d’adaptation »). Un thriller psychologique et érotique, sorte d’hybride entre « Basic Instinct » et « Nymphomaniac » à l’esthétisme ultra chiadé.
L’angle « comédie romantique » choisi m’a donc passablement irritée, même si ce premier volet a réussi à me faire rire, bien souvent malgré lui. J’avais alors fait le déplacement en salle, j’ai vu le second en streaming il y a quelques semaines… Je ne me donnerais même pas cette peine pour le suivant !

Ainsi je rejoins l’actualité. « Cinquante nuances plus claires », ultime épisode (enfin) de la saga est sorti mercredi dernier, alors que le cinquième tome « Darker », réécriture du second livre du point de vue de Christian (après tout pourquoi inventer une histoire originale), est paru début décembre. Que serait Noël sans un navet sous le sapin !
Puisque je n’étudierais pas ses deux œuvres (on verra si Marcellin à ce courage), voici la critique un peu réchauffée de « Cinquante nuances plus sombres » dans l’espoir de dissuader certains d’entre vous d’aller voir cette suite et par conséquent, de nourrir un système de production fétide.

Cinquante nuances plus sombres

Réalisé par James Foley
Avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Bella Heathcote
États-Unis – Romance, Érotique
Sortie en salle : 8 Février 2017
Durée : 1h 58min

Kezaco ?

C’est un Christian blessé qui tente de reconquérir Anastasia. Cette dernière exige un nouveau contrat avant de lui laisser une seconde chance. Mais une ombre surgit du passé de Christian et plane sur les deux amants, déterminée à détruire un quelconque espoir de vie commune.

La critique d’Eugénie   –   0,5/5

Trêve de préliminaire, pénétrons immédiatement dans le vif du sujet !
Il est des jours de malchance ou du plan A au B, rien ne semble fonctionner, ainsi défilent les lettres de l’alphabet jusqu’au fameux plan Q. De fait « Cinquante nuances plus sombres » ressemble fort à un mauvais coup, au m’as-tu-vu séducteur qui promet une « Nuit de Folie » alors qu’il tient plus du « Complicated Disaster » et qui au réveil te donne l’impression d’avoir affecté ton estime sexuelle.

Les scénaristes sont visiblement allés ramoner les fondements de la Médiocrité pour proposer un scénario ma foi fort niqué, où à l’instar d’un mauvais porno amateur, la cohérence et la continuité se font prendre par derrière pendant qu’elles débattent de la notion de consentement.
Ainsi nous retrouvons Anna qui coït – euh pardon cogite – et suppute sur sa relation tortueuse avec le ténébreux Christian Grey dont les préférences sexuelles la turlupinent toujours. Le film entame alors un discours confus et culpabilisant sur le sadomasochisme avant d’être rapidement à court d’arguments – autre que ceux de Dakota Johnson – et d’enchainer sur une image lissée et clichée des pratiques de BDSM : Bisous Douche Sexe Mariage (franchement on a fait pire dans notre cave avec Marcellin).
Les scènes érotiques souffrent cruellement de l’absence d’alchimie entre les acteurs et du remplissage musical au point d’en devenir franchement risibles (c’est quand même un comble d’avoir le sourire aux lèvres pendant un cunnilingus) ! Et d’érotique ? Pardonnez-moi du peu, elles se résument à deux missionnaires, deux levrettes et pas un seul pénis non d’une pipe !

Mais si ce n’était qu’une histoire de cul… Malheureusement tous les autres aspects du long métrage sont aussi branlants et ce dès le générique d’ouverture (identique aux Twilght) qui ouvre grand les vulves de la subtilité avec la métaphore de la rose… Pardon, je voulais dire les valves, c’est ce qu’on appelle un lapsussssss…
Le film s’étire sur deux heures d’une cadence en mi-molle, essayant vainement d’introduire un suspense superficiel. Franchement j’ai eu plus de frissons en regardant le bout de mes galoches – oups pardon j’ai contrepété, mais que voulez-vous, la muse m’habite (rôôôoo, mince à la fin) !
Entre placements de produit grossiers et musique omniprésente, ce « Cinquante nuances » se résume à une playlist pour frustrés qui pourront pimenter leurs vies sexuelles en achetant la bande ordinale. Quant au montage, il alterne ennui et maladresse, dénué de toute ambition, bref le réal se touche la nouille !

En parlant du loup, James Folley (House of Cars) reprend les rênes de la saga après l’érectio…L’EVICTION de Sam Taylor-Wood et signe un long métrage qui n’a de « darker » que son origine et son devenir, l’annal d’un genre.
Du cadrage au jeu caricatural des acteurs, des quelques effets visuels à l’idiotie indécente des dialogues (non sérieusement quel scénariste s’est secoué le stylo là ?), « Cinquante nuances plus sombres » n’est ni plus ni moins qu’un mauvais épisode de telenovela – à l’exception de l’unique scène entre Bella (Swan ?) Heathcote et Jamie Dornan qui montre en un regard qu’il peut être plus qu’une belle gueule.

Devant l’évidence d’un abime cinématographique – on tape dans le fond là – je me vois forcer de rejoindre la position des missionnaires prônant le retour d’un cinéma un peu plus élitiste, dont l’ambition n’est pas uniquement de se remplir les bourses. On parle du septième art quand même ! Mais pour tirer un coup de semence…SEMONCE… plus que des voix isolées, le soutien populaire est indispensable.
Dans ce cas précis, je citerais Samantha Jones (Sex & the City) « Le sexe s’est fait pour se prendre le cul, pas la tête ». Si j’en juge par la longueur inconvenante de cette critique, ce film a raté son coup.

Vous êtes désormais avertis et ne pourrez, comme moi, vous justifier de votre méprise à postérieur-ori : J’eusse phallus que je le suce… Sur ce, je m’en vais revoir ma grammaire et « l’Empire des sens ».

 

par Eugénie

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