Revue Paris Merveilles au Lido

Le Samedi 20 Janvier 2018 – Ah, Paris ! Ses métros bondés aux douces effluves de sueurs et d’urine. Ses galants damoiseaux nous gratifiant de leurs verbes fleuris à base de « Hey Mademoiselle ! » et « Tu suces salope ? ». Ses embouteillages infinis, concerts de klaxons accompagnés de solistes misogynes et d’un chœur chantant « Avance connard ! ». Ses grévistes naïfs confondant le droit de s’exprimer avec celui d’emmerder le monde. Ses parterres de crottes de chiens et mégots où déambule une foule de pigeons ahuris…

Bref, le quotidien de la ville lumière est à mille lieues du fantasme international d’érudition, de beauté et d’élégance.
C’est une convention sociale de (gros cons) vivre ici, travailler ici, réduire son champs de vision au périphérique, maintenir qu’au delà de la zone 2 c’est la campagne et mépriser plus ou moins ouvertement tout ce qui n’est PAS Paris… tout se plaignant constamment DE Paris ! Dieu, si le français est complexe, le parisien est un emmerdeur !
Pourtant toute parisienne et emmerdeuse que je suis, je me revendique de ses idéalistes qui malgré les aléas de la vie citadine disent haut et fort « J’aime Paris » !

J’aime le pouls atypique d’une ville lunatique, ses rues, ses parcs, ses brasseries, son architecture, sa diversité, sa culture…

En parlant de culture, il est des lieux connus de tous où pourtant le parisien se rend assez peu, cédant la place aux touristes venus dépenser un argent durement gagné. Des lieux mythiques, témoin d’un faste d’un autre siècle, comme le Crazy Horse, le Moulin Rouge et le Lido.

Ce soir, je me rends pour la première fois 116 avenue des Champs-Élysées diner dans cette superbe salle, fille bâtarde de la Belle Époque et des Années Folles.
L’orchestre nous accompagne tout au long du repas, reprenant des tubes de tous âges et de tous styles quand sur la scène les décennies et les genres se mélangent le temps d’une danse. Convivial, chaleureux (mais bruyant), tous (ou presque) ont fait un effort vestimentaire et se réunissent dans un esprit de bal populaire, abrogeant les frontières sociales. Ce simple diner dansant suffit à nous ravir, bienvenue hors du quotidien !

Mais avant de poursuivre sur le spectacle, parlons du sujet qui fâche… le repas et donc le prix !
Alors, certes, c’est bon. Les quantités sont tout à fait honorables et le goût est là… mais ne justifie absolument pas les tarifs imposés (j’ai connu mieux avec des menus à 60€). Est-ce le prix à payer pour profiter de l’ambiance d’avant show ? Surement… Petits budgets, un conseil, privilégiez la revue seule en deuxième partie de soirée, et pour les autres, dîtes-vous que l’exception a raison du raisonnable.

Parenthèse fermée, assiettes terminées !
Les rideaux tombent, les lumières diminuent, les lustres remontent dans le plafond et toute la partie adjacente à la scène (comprenant le public) descend ! Elle arrive désormais à nos yeux, des escaliers sont apparus derrière nous et la table voisine essaye d’estimer le poids que cette machinerie supporte – du moment qu’elle ne nous demande pas les nôtres pour affiner son calcul…

Musique, c’est parti pour une revue intitulée « Paris Merveilles » explorant ce Paris fantasmé par le monde entier.
En un mot « époustouflant » ! Mime et Cancan, le show alterne des numéros de cabarets classiques avec de véritables performances artistiques. Sans trop en dévoiler, disons que la scène recèle de nombreux secrets et nous transporte tour à tour dans les jardins de Versailles au pied de la Tour Eiffel en passant par l’Opéra Garnier.
Des musiques entêtantes à la scénographie spectaculaire, des danseuses plantureuses à la voix de Manon (ancienne candidate de Voice), le Lido c’est un Paris onirique flirtant avec le merveilleux qu’on quitte à regret.

Nous voilà de retour à la réalité, les paillettes et les lumières laissent place au quotidien. Il serait facile de retomber dans la morosité, la comparaison du rêve et du tangible ne peut être que déprimante… sauf si l’on sait se nourrir de l’essence du merveilleux pour le transposer dans le réel.
Pour ma part, une seule image suffit à me rappeler à quel point notre capitale est belle : un timide soleil de janvier sur les façades haussmanniennes d’une grande avenue. Une autre ville lumière en somme.

Je retournerais avec plaisir voir le « Paris Merveilles » du Lido, car Paris m’émerveille !

 

par Eugénie

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