Irving Penn en noir en blanc

En partenariat avec le Museum of Art de New York, le Grand Palais rend hommage à l’artiste Irving Penn à l’occasion de son centième anniversaire – jusqu’au 29 janvier 2018.

La critique d’Eugénie

Le samedi 30 décembre 2017 – Après les oeuvres de Gauguin, changement radical de style à la découverte de l’oeuvre d’un des plus grands photographes du XXème siècle. Irving Penn est l’auteur d’un monde résolument bicolore et pourtant incroyablement vivant.
Une variété de thèmes disparates se succède, témoin d’une polyvalence artistique et d’un manifeste : Tout mérite d’être photographié ! Tout peut être beau, même un mégot de cigarette abandonné !

Pour ce qui est de mes impressions, je m’efforcerais d’être concise… la photo c’est le domaine de Marcellin !
Mais toute novice que je suis, je m’autoriserais cette opinion : J’aime !

Surprise par l’incroyable modernité – que dis-je, l’intemporalité – de ses œuvres, des cadrages et des compositions, je m’amuse de constater que Pinterest et Instagram empruntent beaucoup à ses natures mortes colorées.
Je décèle une simplicité et une honnêteté dans ses nus géométriques, une forme de sincérité dans la démarche stylistique. Je suis sensible à l’intimité de ses portraits, saisis par ces regards qui transpercent l’image.
La lumière, les couleurs, l’angle… je ne saurais dire comment Penn se saisit de l’éphémère d’une expression, ouvrant une porte inconnue sur l’âme de son sujet et soulevant à son tour mille autres mystères.

Plus qu’une technique, je retiens et reconnais un sentiment, une intention, une émotion. N’est-ce pas le plus important dans l’art ?

Sur ce, je cède la parole à Marcellin… Allez, à toi mon bichon !

La critique de Marcellin 

Le jeudi 11 janvier 2018 – Je foule d’un pas hâtif le pont Alexandre III, afin de rejoindre Gilles, mon ami photographe, qui m’attend devant le Grand Palais. Je connais le travail d’Irving Penn, car il est l’un des plus grands photographes que l’univers artistique ait porté en son sein. Mais j’étais loin d’imaginer, et surtout de constater de mes propres yeux, à travers la vitre qui sépare l’oeuvre du spectateur, à quel point il illuminait la définition même du génie. En parcourant les différentes allées, qui se transforment en cocons en hommage à la beauté, je ne peux qu’être bouleversée par tant de virtuosité, d’authenticité. Cette exposition lui fait honneur, car elle est véritablement complète, on comprend à quel point on a souhaité célébrer avec émotion son centenaire. Car chacune de ses oeuvres, 235 au total, de ses univers, sont là, devant nous, se laissant admirer par nos yeux transis. On retrace avec lui ses soixante-dix années de carrière : ses portraits de Salvador Dali, Marlene Dietrich ou encore Truman Capote ; ses photographies qui brassent les métiers de New Yorkais, de Parisiens; ses incroyables couvertures de magazines de mode; ses natures mortes, ses portraits humanistes…

Irving Penn est le plus secret des artistes connus, son art allie précision, sincérité, caractère, élégance, finesse. Tous les mots du dictionnaire ne suffiraient pas à exprimer tant de beauté dans une oeuvre. Je m’émeus devant ce grain photographique, ce noir et blanc qui se transforme en une palette infinie de gris, ces visages capturés et exposés devant nous, encore si réels, si palpables. Penn est un aventurier, un amoureux discret de la beauté, celle du monde, celui qui l’entoure. Il la retrouve dans le visage de sa femme Lisa Fonssagrives-Penn, dans la scarification rituelle en Afrique, dans cette Femme-Chat de Papouasie Nouvelle Guinée, dans les corps ronds et nus…

Il n’a nul besoin d’artifice, de studio, de maquillage ou de parures, Irving Penn va chercher la beauté là où on l’attend et là où on l’ignore.

Je sors très émue de cette retrospective, et mon trouble en est à son climax quand nous faisons face à cette bande de tissu gris, celle qu’il utilisera jusqu’à la fin de sa vie, ainsi que son appareil photographique. Ils sont tous les deux plantés devant les spectateurs, immobiles et pourtant porteurs de vie, de tous ces visages, ces instants, ces partages, toute cette passion présente dans une seule pièce…

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