Le Diable s’habille en Noir (ou presque)

Lundi 27 Novembre 2017 – Quelques jours plus tôt, j’avais la surprise de me voir offrir des places pour assister au concert de Marilyn Manson, par le tout nouveau concept d’AccorHotel Arena, qui se nomme ACCORLOCAL.

Je fus ravie certes, mais pleine d’appréhension lorsque je patientais sous la pluie avant de pénétrer l’antre de celui qui a fait trembler l’Amérique. MM, ces initiales résonnent pour moi comme un revival, celui de ma jeunesse perdue. Il est l’un des personnages les plus fascinants que l’univers musical a su créer, des entités qui se font d’ailleurs de plus en plus rares.

Alors, que peut-on attendre du concert du Pale Emperor ?

En 2012, j’ai eu l’occasion d’admirer Manson à l’oeuvre, j’en garde un bon souvenir, mais sans grande surprise. Je fus même un peu déçue de ce premier tête à tête avec l’Antéchrist, sa performance étant loin de sa réputation très sulfureuse. Je pars donc avec une intransigeance la plus totale pour cette deuxième rencontre.

L’entrée est assurée par le perturbateur Dinos Chapman, qui nous livre certes un live contemplatif et sans grand rapport avec l’univers musical de MM, mais qui se laisse écouter malgré tout. Je suis donc assez choquée du manque de respect de la plupart du public, qui s’est amusé à huer l’artiste en pleine représentation. Ils trépignaient sans doute de devoir attendre leur gourou. Et il est arrivé…

La mise en scène reste soignée, avec un décor très Mansonien, toujours dans sa perspective de dénoncer les travers de l’Amérique, ils nous laissent admirer deux énormes armes à feu disposées en croix. Ce sont ces dernières qui l’ont blessé lors d’un récent concert, c’est donc sans surprise que je le vois arriver avec un plâtre, sur un étrange fauteuil roulant affublé de ce qu’il me semble une planche de surf (!). Il a su jouer de sa situation, et s’est fait accompagné de deux faux chirurgiens (il a le sens de l’humour) qui vont tout au long de sa performance scénique, l’assister dans ses constants changements de tenues. Il sait donc soigner sa mise en scène, combler les blancs, entraîner son public dans son antre, il serait honteux de le nier.

Mais qu’en est-il de sa voix ?

Hélas, c’est là qu’est l’os… Sa jambe plâtrée ne l’empêchait pas d’assurer à ce niveau là. Et c’est une grande déception, car le grand gourou a pris de la bouteille. Il a du mal à porter sa voix, à garder ce grain, cette griffe qui nous fait succomber à chaque parole. Je le vois s’essouffler, parfois hausser la voix, mais rien ne me séduit vraiment. La seule mention spéciale que je veux bien lui accorder, c’est son interprétation de Sweet Dreams, qui a réveillé en moi de nombreux souvenirs.

La fin de son concert souligne et illustre ma déception. Il se contente alors de plonger la salle dans le noir sans une note d’au revoir. Pour moi ce sera donc clairement un adieu…

 

Par Marcellin

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