Au revoir là-haut

 

Bonjour ici-bas !

Réalisé par Albert Dupontel
Avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte…
France – Comédie dramatique
Sortie en salle : 25 octobre 2017
Durée : 1h 57min

Kezaco ?

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

La critique d’Eugénie   –   5/5
♥ Coup de cœur

L’adaptation d’un roman est un exercice périlleux, d’autant plus quand celui-ci est auréolé du prestigieux prix Goncourt. Avec « Au revoir là-haut », Albert Dupontel n’atteint pas seulement l’équilibre entre fidélité et dissemblance, il réalise plus qu’une bonne adaptation, un grand film !

Entre Cocteau et Jeunet, la caméra joue avec la mise en scène avec zèle, sublimant chaque cadre, chaque plan-séquence avec une rare intelligence, captivant le regard et l’esprit. Car « Au revoir-là-haut » n’est pas qu’un film, c’est aussi un très bel exercice de style ou chaque scène supplante la précédente, neutralisant toute mémoire sélective. Dupontel soigne son image pour retranscrire au plus juste une impression d’époque par un travail de la lumière, de la couleur et du grain qui relève de la haute technicité. Des décors aux costumes splendides en passant par la bande originale, il nous expose son Paris des années 20, de sa plus extrême pauvreté à son opulente excentricité, où la forme et le fond se supportent mutuellement.

Une cohérence singulière renforcée par le parallèle avec des personnages en clair-obscur qui, plus que par irrespect pour les morts, veulent se venger de l’hypocrisie et de l’arrogance des vivants.
Une belle écriture magnifiée par un casting impeccable jusque dans ses seconds rôles, même discrets (Kyan Kojangi). Comme quoi, Dupontel n’est pas seulement un maitre de l’image, il est aussi un excellent directeur d’acteur ! L’apparente douceur de Mélanie Thierry et Émilie Dequenne donne du relief au personnage de superbe ordure de Laurent Lafitte quand Niels Arestrup est tour à tour glacial et bouleversant.
Quant au duo principal, Dupontel endosse un rôle taillé pour son talent, empruntant la maladresse de Charlie Chaplin et Nahuel Perez Biscayart crève littéralement l’écran. Affublé de masques plus impressionnants les uns que les autres, il adapte à la perfection un jeu de théâtre passant essentiellement par l’utilisation du regard, du corps et de l’espace. Entre cette interprétation et celle remarquée dans « 120 battements par minute », Eugénie vous le dit, ça sent le César !

Drôle, émouvant, poétique, parfois brutal, « Au revoir là-haut » est une œuvre d’art hybride comme la promesse que le cinéma français a plus à offrir que des comédies lourdingues et des drames soporifiques. Alors messieurs les producteurs, s’il vous plaît donnez-nous en plus !  Plus d’audace et de poésie, plus d’ambition et d’émotion, en bref, moins de Kev Adams et plus de Dupontel !

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